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Villetelle : le cuir magnifié par La Botte gardiane, un savoir-faire artisanal

Villetelle : le cuir magnifié par La Botte gardiane, un savoir-faire artisanal

En 2017, l’entreprise compte déménager à Aigues-Vives, dans des locaux deux fois plus grands.

En rachetant, en 1995, l'entreprise La Botte gardiane, à Villetelle, la famille Agulhon en a fait le symbole du savoir-faire artisanal. Vingt-deux salariés travaillent à sa réussite.

Cousu, collé, cloué ! Si ce n'est la devise de la Botte gardiane , une entreprise familiale installée pour l'heure à Villetelle, c'est en tout cas sa marque de fabrique. Celle qui la caractérise et la singularise dans ce monde quelque peu uniformisé et industrialisé, où trouver chaussure à son pied n'est pas chose si aisée. Et pourtant, que de chemin parcouru par cette marque 100 % française , "qui existe depuis 1958 et a été rachetée par ma famille en 1995", relate Julien Agulhon, à la tête désormais de la société, avec son frère Antoine et sa s?ur Fanny. Il y a un peu plus de vingt ans,...

Cousu, collé, cloué ! Si ce n'est la devise de La Botte gardiane, une entreprise familiale installée pour l'heure à Villetelle, c'est en tout cas sa marque de fabrique. Celle qui la caractérise et la singularise dans ce monde quelque peu uniformisé et industrialisé, où trouver chaussure à son pied n'est pas chose si aisée.

Et pourtant, que de chemin parcouru par cette marque 100 % française, "qui existe depuis 1958 et a été rachetée par ma famille en 1995", relate Julien Agulhon, à la tête désormais de la société, avec son frère Antoine et sa sœur Fanny. Il y a un peu plus de vingt ans, la petite manufacture, maître ès traditions, chausse les gardians locaux de sa botte camarguaise, son produit phare.

De 130 € la paire de sandales à 300 € pour les bottes...

La gamme des chaussures de la Botte gardiane court de 130 €, pour les premières sandales, à 300 € pour les bottes, avec des tarifs médians pour les bottines ; compter 120 € de plus pour du sur-mesure. Un prix conséquent mais "qui n’est pas très cher si l’on prend en compte la qualité des cuirs, le savoir-faire, la fabrication artisanale et le fait que nos bottes durent dans le temps."

D’autant que si la PME affiche un chiffre d’affaires de 1,2 M€ en 2015, le résultat net, lui, ne s’élève qu’à 35 000 €. "Le prix des matières premières a été multiplié par deux ces dernières années, en raison notamment de la baisse de la consommation de viande, relate Julien Agulhon. Les marques haut de gamme réalisent 50 % de marge brute quand nous, on fait à peine 3 % !" Du coup, la famille fait tout elle-même et les deux frères changent régulièrement de poste : à l’un, l’administratif et la vente, à l’autre le suivi de la production en atelier. Et vice-versa tous les six mois.

Après le partenariat avec Céline ou Vanessa Bruno, elle a noué un co-branding (alliance de deux marques sur une gamme de produits) avec Gérard Dreyfuss, maroquinier parisien, pour une bottine en veau velours souple et petit talon (4,5 cm). Pour honorer ses commandes et pouvoir embaucher, l’entreprise compte déménager, en 2017, à Aigues-Vives, "dans des locaux qui feront le double de la surface actuelle, car nous sommes trop à l’étroit et nous n’avons aucun espace de stockage". Le chantier de construction ne devrait pas tarder à commencer.

Tan et temps

La Botte gardiane choisit des peaux de qualité auprès de tanneries reconnues. Comme le Suportlo, un veau pleine fleur "qui est retanné à la graisse chaude selon le même procédé depuis six générations" par la famille Degermann, célèbre tanneur alsacien, qui travaille le veau de l’Aveyron. "Ce procédé confère au cuir une grande souplesse et un éclat incomparable. Il se patine sans jamais durcir."

Veau velours, chèvre, cuir de mouton, croupon Camargue (un cuir très épais), peu fragile et facile d’entretien dans lequel est fabriquée la botte camargaise. Les Agulhon privilégient aussi le tannage végétal, en opposition au minéral fait au chrome. Une méthode qui utilise des tannins extraits d’arbres et "qui est plutôt longue, jusqu’à deux ans de bains. Ce qui faisait dire aux tanneurs : "Pour avoir du bon cuir, il faut du tan et du temps"." Dans l’atelier, les 22 salariés (coupeur, assembleur, piqueur...) s’affairent déjà autour de la collection automne-hiver, utilisant différentes machines comme la zig-zag à bras déployés pour la couture bord à bord ou la pince à monter pour la fixation des brides.

40 % des ventes à l'international

Un cuir pleine fleur retourné, avec son côté lisse à l'intérieur pour que "le cavalier puisse facilement l'enfiler mais aussi se dégager de la botte en cas de pépin", deux baguettes droites, un talon de 3,5 cm et un montage à base de clous (outre les étapes collé, cousu). Ce sont ceux-ci, appelés semences, qui tiennent la double semelle et confèrent une vraie étanchéité. "Le fil se distend au fil du temps, le clou, lui, ne bouge pas."

Mais malgré ce savoir-faire artisanal, l'entreprise est confrontée à de sévères difficultés et se retrouve en liquidation judiciaire. "Mon père, Michel, a senti tout son potentiel", reprend Julien Agulhon. Pourtant, la Botte gardiane périclite, la crise des années 1990 faisant des ravages chez les bottiers et chausseurs. En 2002, alors qu'Antoine vient de rejoindre son père dans l'aventure, la marque décide de participer au Midec, le salon international de la chaussure, à Paris. "C'était vraiment le rendez-vous de la dernière chance", sourit Julien Agulhon.

Fournisseur des grands couturiers

La chance, justement, a décidé de leur sourire. "Des acheteurs japonais ont été séduits et ont passé commande. D'ailleurs, depuis cette date, plus de 40 % de nos ventes se font à l'international", principalement au pays du Soleil levant et aux États-Unis. Les inondations de 2002, dans le Gard, tentent bien de noyer ce nouvel espoir en submergeant leurs locaux de La Calmette : "Il y avait 1,20 m d'eau et tout était perdu ! L'huile et la graisse des machines hydrauliques avaient souillé toutes les peaux..." Mais la famille Agulhon ne baisse pas les bras et réussit à repartir et à honorer les commandes.

En 2004, la Botte gardiane noue un partenariat avec Céline, du prêt-à-porter haut de gamme, qui lui donne une vraie visibilité et lui permet d'accéder aux fournisseurs des grands couturiers (Hermès, Vuitton), des peaussiers et mégisseurs renommés et de qualité, français pour la plupart, "et italiens pour certains cuirs spécifiques comme le veau velours ou le veau pailleté".

Deux boutiques à Paris

C'est aussi l'année où elle quitte le Gard pour s'installer à Villetelle, dans un espace de près de 600 m². "Et c'est le moment où l'on étoffe notre gamme, en développant deux collections par an, en travaillant sur différents talons et en se lançant dans les bottines et sandales", grâce à l'arrivée de Fanny, la styliste de la famille. Depuis, près de 200 modèles sont disponibles, contre une dizaine à leurs débuts.

Et les faits d'armes s'enchaînent : en 2007, la société obtient le label Entreprise du patrimoine vivant, "une vraie reconnaissance d'un métier qu'il faut pérenniser". Quatre ans plus tard, elle ouvre sa première boutique à Paris, rue de Charonne (11e), et, en 2014, c'est dans le Marais qu'elle inaugure la deuxième, visant plus particulièrement une clientèle masculine.

"Notre ambition désormais, c'est d'ouvrir d'autres boutiques en France, en gardant ce qui fait notre sel : des lignes intemporelles et sans fioritures." Pour se tracer un avenir droit dans ses bottes, simple et chaleureux comme le Sud.

JEAN-MICHEL MART - Twitter

# Contact : La Botte gardiane, 470 chemin de Lunel, à Villetelle, 04 67 66 29 58.

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